Archives quotidiennes : 10 avril 2012

Mexique – Guatemala – Belize – Mexique

52ème semaine (du 2 au 8 avril 2012)

Passage de la frontière entre le Mexique et le Guatemala à El Ceibo. Chez les Mexicains, on demande un tampon de sortie. Ils exigent la quittance du paiement fait à l’entrée, en janvier dernier. Ouf, on respire, je retrouve parmi tous nos papiers deux quittances de 290 pesos chacune sinon on était bon pour repayer. A l’entrée au Guatemala,  l’importation temporaire du véhicule coûte 160 quetzales (un ambulant fait du change sur place, 510 pesos mexicains = 300 quetzales) et on règle encore quelques sous pour la fumigation. Ses formalités exécutées, on est ravi de reprendre la route en suivant Jean et sa famille. Le trajet prend passablement de temps et on s’arrête pour la nuit à Flores, au bord du lac. Rien de particulier à signaler sur ce parcours si ce n’est la pauvreté des bâtisses sur le bord des routes. Aucun signe extérieur de richesse, pratiquement aucun véhicule stationné aux abords des maisons qui ressemblent plus à des cabanes. A Flores, on remarque beaucoup de militaires en patrouille. Au moins, on sera bien gardé pour la nuit.

Lundi, on arrive à Tikal, important site maya dissimulé dans la jungle. A l’intérieur de ce parc national, près des ruines, un camping est à disposition. Comme à Palenque, on y entend les singes hurleurs, on y observe des perroquets, petits toucans et autres faisans et coatis. On y trouve aussi un charmant couple suisse allemand très sportif, Yvonne & Daniel, avec qui on partage un moment agréable.

Mardi, à la première heure, on est sur le site. Superbe. Curieusement, on croise déjà passablement de touristes. Tous se sont levés aux aurores pour arriver sur place avant les grandes chaleurs. L’une après l’autre, on prend d’assaut toutes ces constructions qui datent de plus de 1300 ans. On est vraiment interloqué d’imaginer que toute une civilisation a passé par là jadis, perdue dans la jungle. A midi, la chaleur nous fait battre en retraite mais il fait encore plus chaud au camping, sous notre palapas. Retour à Flores pour la nuit.

Mercredi, on abandonne l’idée de visiter d’autres régions du Guatemala. La ville elle-même de Guatemala City est à 8 h. de route et les contrées intéressantes sont au-delà. On prend la direction du Belize dont on atteint la frontière assez rapidement. Avant même d’arriver à un quelconque portail, des personnes se bousculent à notre portière nous proposant du change. Un peu plus loin, une taxe est à payer pour le passage d’un pont. On peut régler 10 dollars US ou 20 dollars Belize. A l’entrée au Belize, le contrôleur sanitaire nous déleste de tous nos œufs, d’un reste d’ananas, d’une ou deux tomates et de toutes mes bières. Ça doit être pour étancher la soif des fonctionnaires. Le préposé n’a pas vu la pastèque enveloppée dans un plastique blanc entreposée dans l’évier, achetée peu avant pour liquider nos quetzales. Nos amis se font saisir melons, tomates et œufs. Quel cirque ! Avant de poursuivre notre route, on prend une assurance pour le véhicule dans l’un des bureaux jouxtant la frontière. Il nous en coûte 29 dollars Belize (= US $ 14,50) pour la semaine.

Le Belize, ancienne colonie britannique, indépendant depuis 1981, est le seul état d’Amérique centrale et du sud à parler anglais. Immédiatement, on y remarque un niveau de vie supérieur. On y retrouve de grosses voitures américaines, de jolies maisons en bois colorées, des bas-côtés de route moins encombrés de détritus. On prend nos quartiers pour la nuit dans les environs de Belize City, à la « Cucumber Beach Marina » où l’on côtoie  d’énormes catamarans. Le lendemain, Jean et sa famille partent pour la ville et les îles à la découverte des fonds marins très réputés de la région tandis que nous nous consacrons à envoyer quelques mails à la recherche d’une assurance pour notre retour aux Etats-Unis. Dans l’après-midi, on se déplace jusqu’à Bermudian Landing, dans une réserve de  singes hurleurs « Community Baboon Sanctuary ». Accompagnés d’une guide, il ne faut pas marcher bien loin pour rencontrer un clan de singes hurleurs qui se met en mouvement à notre approche. Aussitôt, on est salué de leur déjection ce qui est naturel nous explique la guide puisqu’on vient de les déranger. Elle nous indique qu’ils se nourrissent de cachous, fruits âcres que l’on a eu l’occasion de goûter lors d’une précédente escale et elle tend un fruit mûr à une maman qui a un petit de quelques jours agrippé à elle. Magnifique de pouvoir l’observer à notre guise pendant qu’elle déguste le fruit sous nos yeux. La guide nous fait encore entendre leur cri si particulier en donnant la réplique au chef du clan. Elle précise que c’est principalement le soir et le matin qu’ils poussent leurs cris pour prendre possession de leur territoire. Et voilà, la visite est déjà  terminée. A part un nid de termites, on n’a rien vu d’autre. On reste sur le parking de la réserve pour la nuit observant la vie alentour qui se déroule paisiblement. Ici le bruit d’une tondeuse, là une bonne odeur de gâteau sortant d’un four. Dans la soirée, le son d’un téléviseur nous tient encore compagnie avec les moustiques.

Vendredi, déplacement jusqu’à Corozal à une petite centaine de km. La route est droite, revêtue d’un goudron grossier. Tout roule jusqu’au moment où, vous ne rêvez pas, nouvel éclatement d’un pneu ! Cette fois, c’est à l’arrière, côté gauche. Cyrille prend son courage à deux mains et renouvelle tous les gestes exécutés le 18 mars dernier. A nouveau, tout est cassé autour de la roue, un trou béant dans la salle-de-bains. Heureusement, il y a encore de l’eau au lavabo et l’écoulement n’est pas atteint. Inutile de se pincer, on est dans la réalité ! Pourtant nos pneus n’ont rien d’usé et Cyrille les contrôle quotidiennement. La roue de secours est installée et on se remet en route, à vitesse modérée, avec la crainte, cette fois bien réelle, qu’un autre pneu n’éclate encore et encore….. Aujourd’hui, vendredi saint, tout est fermé. Installé au camping Caribbean à Corozal, on emprunte une scie au propriétaire et tout l’après-midi, en pleine chaleur, Cyrille visse, dévisse, redresse, récupère, scie et rappond. Le soir, le trou a disparu et la poussière est nettoyée.

Samedi, le commerce de pneus voisin reste fermé. On s’arrête devant une échoppe de pneus d’occasion où l’on change le pneu éclaté contre un pneu provisoire aux dimensions les plus proches. C’est surtout pour ne pas rester totalement en rade sur un bord de route. En cette période de Pâques, il n’y a pas grand-chose à faire que d’attendre la réouverture des commerces, la semaine prochaine. On pourrait aller voir la barrière de corail mais le cœur n’y est pas trop. On quitte le Belize pensant avoir un peu plus de chance de trouver de nouveaux pneus au Mexique. Passage de la douane et installation au camping proche de Chetumal, le Yax Ha Resort à Calderitas.  Bien animé en cette période de fête pascale, le site est directement sur le bord de la mer des Caraïbes d’un vert surprenant. Ici, pas de plage mais un muret pour stopper les vagues. Les familles et baigneurs ont envahi la partie publique attenante au camping et les éclats de rire et cris des enfants font du bien. On se pose parmi 5 ou 6 gros trailers américains aux plaques du Belize. Etonnamment tous les occupants sont blonds à peau claire. Ils sont tous de la même famille. Ce sont les descendants d’immigrés hollandais mennonites. Ils sont agriculteurs au Belize dans une région proche du Guatemala. Ils savent et leurs enfants apprennent encore le vieil allemand à l’école. A les voir profiter des jours de repos, l’intégration est en bonne voie.

Pâques, journée tranquille à l’ombre des cocotiers parce que sous le soleil, c’est intenable. Et dire qu’il neige chez vous !

2012.04.02 au 8 – Mexique-Guatemala-Belize-Mexique – réduits