Archives quotidiennes : 20 juin 2012

La Louisiane

62ème semaine (du 11 au 17 juin 2012)

Fin de matinée, on quitte le « State park » puis le Texas pour débarquer en Louisiane par une petite route côtière souvent sans vue sur la mer mais longeant des rivières ou canaux. Un premier stop sur une plage où l’on passe une fin de journée tranquille avec les plateformes pétrolières en toile de fond. A tout moment, des pélicans traversent les airs partageant cet espace, de temps à autre, avec les hélicoptères qui font des allers/retour jusqu’aux plateformes. L’eau est toujours aussi brunâtre et on est loin d’une plage idyllique. Un tonneau rouillé est à quelques pas de notre stationnement et fait de l’œil aux oiseaux marins picorant les algues. L’endroit est surtout agréable parce qu’on y est seul, les autres usagers étant à plus d’une centaine de mètres. Après une très bonne nuit et bien installé, on comptait y passer la journée et la nuit suivante mais, soudainement, on s’est précipité pour rentrer notre store et réduire nos affaires devant le vent qui précédait l’orage. Sans traîner, on a quitté les lieux pour ne pas rester ensabler.

Visite du pays cajun et des bayous. C’est à Abbeville, que nous avons rencontré nos premiers Cajuns de Louisiane, c’est-à-dire des personnes d’origine acadienne, qui savent encore le vieux français parce qu’elles l’ont pratiqué avec leurs grands-parents et parents. Ces personnes de plus de 60 ans ont cependant totalement renoncé à transmettre cette langue à leurs enfants. Au cours de leur scolarité, elles se faisaient taper sur les doigts par les maîtres et maîtresses à chaque fois qu’un mot français était prononcé. L’interdiction de l’usage du français dans les écoles louisianaises date de 1915 et il n’y a été réhabilité qu’en 1968.

Toujours à Abbeville, à la maison de la culture, nous avons pu prendre connaissance de la tragédie du peuple acadien lors du « Grand Dérangement » par un documentaire « The Cajun Way, Echoes of Acadiana» en français. On y apprend que ce peuple installé au Canada, en Nouvelle France (l’Acadie), a été persécuté et déporté par les Anglais dès 1755 devenu maître du territoire, l’actuelle Nova Scotia. Terres confisquées, bétail volé, maisons brûlées, familles séparées, les populations acadiennes ont été dispersées dans les colonies américaines afin d’éclater leur unité. Sur 13’000 Acadiens, 10’000 furent déportés et la moitié périt lors de ces déportations. C’est en 1785 que débarquèrent à La Nouvelle-Orléans sept bateaux bourrés à craquer des derniers réfugiés (près de 1’500)….

Poursuivant nos visites en terres cajun, après un crochet à l’usine TABASCO, là où est produite cette sauce si pimentée, nous avons passé à Lafayette, St Martinville, Breaux Bridge et quelques autres villages.

Les bayous font parties intégrantes du paysage cajun. Ce sont des eaux dormantes, méandres de rivière occupés par un lac ou bras mort de delta. Nous avons adoré découvrir le bayou du lac Martin lors d’un tour en bateau conduit par un authentique cajun, Norbert Leblanc. Bordé de cyprès plus que centenaire couverts de mousse espagnole, ce lac est d’une exceptionnelle beauté avec ses nénuphars, crocos, tortues et oiseaux.

Avant d’atteindre la Nouvelle Orléans, nous avons fait un stop à la plantation Laura à Vacherie où nous avons apprécié la présentation faite par notre guide francophone mais le domaine des esclaves n’a pas vraiment été abordé. Encore un volet terrible de l’histoire que celle des esclaves des plantations de coton ou cannes à sucre et quelle émotion de réaliser qu’il y en avait là comme à tant d’autres endroits.

La Nouvelle-Orléans, New Orléans, Nolins ou Nola comme disent les Américains. Ce qui se visite prioritairement est le « French Quarter », une perle architecturale, un ensemble de bâtiments aux façades couvertes de balcons et galeries en ferronnerie. Si durant la journée, la visite est tranquille, peu à peu, on sent la température monter notamment sur Bourbon Street où la musique jaillit de tous les troquets bien avant le coucher du soleil. Parmi cette surenchère de décibels, les touristes affluent nombreux et passent d’un établissement à l’autre, le gobelet à la main. Nul doute que cette rue reste animée fort tard dans la nuit. Pour notre part, vers 23 h., on a préféré regagner nos pénates, c’était suffisant.

Durant la semaine, on a profité de découvrir la cuisine cajun, une synthèse des traditions gastronomiques françaises, espagnoles, antillaises, adaptée aux produits de base des bayous : riz, coquillages, poissons, aligators, crustacés (crevettes, crabes, écrevisses). Avec ses ingrédients, les sandwiches deviennent des po-boy, les soupes – du gumbo, la paëlla – le jambalaya.

Pour conclure, on vous envoie un clin coup d’œil du Mississippi, 3ème plus grand fleuve du monde qui borde Nolins. Les bateaux à aubes y naviguent encore… pour les touristes bien sûr.

 

 

2012.06.11 au 17 – La Louisiane – réduits