Archives quotidiennes : 7 mai 2012

El Tajin, frontière Mexique-USA, Corpus Christi au Texas

El Tajin, frontière Mexique-USA, Corpus Christi au Texas

56ème semaine (du 30 avril au 6 mai 2012)

Dimanche, en quittant le restaurant-camping Coco Loco de Martin, on salue aussi la famille Andrey, mexico-fribourgeoise, demeurant à Puebla. On roule jusqu’au site archéologique de El Tajin. C’est la pire des journées pour visiter (eh oui, Danielle, on aurait mieux fait de suivre tes conseils). En cette journée des enfants, l’entrée du site est gratuite et il y a un monde fou partout et une chaleur harassante. Avec nos nouveaux chapeaux, on visite sous le soleil, ce très joli site sans trop s’y attarder. En regagnant le camper, on préfère reprendre la route que de rester là dans cette fournaise. Ah, j’oubliais, ça y est, on a enfin vu les « voladores » en action. Dire que d’autres voyageurs en eu la chance de les voir sans les chercher, presque à chaque coin de rue (n’est-ce pas Marieke). Il était temps puisqu’on prend maintenant la direction de la frontière. Les routes sont souvent en très mauvais état, bosselées, trouées, par un intense trafic de poids lourds. Cette fois, dans notre camper, c’est le lit au-dessus de nos têtes qui cède. Le crochet s’est cassé. Cyrille doit, une fois de plus, palier à l’urgence et, en un tour de main, il  installe un trépied. Mardi, on se présente à la douane de Matamoros / Brownsville. Le camper est examiné sous toutes ses coutures et passé aux rayons X. Le contrôle est sérieux et on a pris soin de vider notre frigo de tous produits frais. Rien à faire pour notre séjour. Notre carte est valable jusqu’au 22 mai et ne peut être prolongée à la douane. On aurait dû la remettre à la frontière américaine lorsqu’on a quitté les USA en janvier. Ainsi, on en recevrait une nouvelle maintenant. Mais voilà, lors de ce passage en janvier, on est arrivé à la douane mexicaine sans avoir vu le bureau américain. Comme il y avait beaucoup de trafic, on a préféré continuer plutôt que de revenir sur nos pas pensant que les tampons mexicains suffiraient. Tintin, ils ne veulent même pas y jeter un œil. Nous voilà donc bons pour refaire une demande de prolongation de séjour. On aura de quoi s’occuper ces  prochains jours.

Dès les premiers tours de roues, quel changement, quel contraste avec le Mexique ! On retrouve de larges et belles autoroutes, des bords de routes propres, des localités agréables, des paysages verdoyants. Nous voilà au Texas.

A Corpus Christi, on s’installe dans un RV Park. A disposition, une buanderie en état de marche, des sanitaires propres, des douches chaudes, de l’eau et du savon aux lavabos, du papier aux WC. Bref, plein de petits trucs qui font que la vie est bien agréable.

On réceptionne un colis envoyé par la maison Autostar, marque de notre camping-car, et Cyrille s’empresse de monter les nouveaux appareils reçus, un boitier de distribution électrique et un chargeur de batterie. La panne se situait bien dans ce matériel. Cette fois, ça y est, tout fonctionne dans le cc, sauf le thermomètre extérieur. Sur cette bonne lancée, il répare le crochet du lit et il peut envoyer le trépied aux oubliettes.

De mon côté, je mets à jour nos lessives et prépare les documents pour la demande de prolongation de séjour. Le lendemain, elle est postée.

En fin de semaine, on s’installe sur les bords du golfe du Mexique, d’abord au Mustang Island State Park puis au camping Malaquite de « Padre Island National Seashore ». Cette longue bande de terre offre une protection naturelle au continent en cas de tempêtes et d’ouragans. Ces km de dunes herbeuses, de plages naturelles au sable aussi fin que de la farine, couvertes d’algues plus ou moins sèches en font un refuge pour un grand nombre d’oiseaux et un excellent garde-manger pour ceux qui sont en migrations. Plusieurs variétés de tortues viennent y pondre entre mai et mi-juillet durant la journée. Il est permis d’y circuler, d’y pêcher, d’y camper, d’y jouer et d’y observer la nature. Alors qu’on s’y promenait samedi après-midi, une ranger nous a signalé qu’une tortue « Kemp’s Ridley » munie d’une balise était en train de pondre un peu plus loin, à un mile environ. C’est trop de chance, allons-y, pourvu qu’on arrive à temps. La tortue est là, entourée de deux dames rangers. Des véhicules sont stationnés autour, ceux des rangers ont les feux clignotants allumés. Les promeneurs se tiennent à une distance d’environ 5 m en cercle. Un ranger nous informe que d’ici une quinzaine de minutes, la tortue aura certainement terminé. On pourra alors s’en approcher, la prendre en photo et la regarder repartir en mer. C’est plutôt bizarre, la tortue a une balise bleue collée à sa carapace avec une antenne. En effet, au bout d’un moment, elle bouge. On peut l’approcher. Nullement gênée, elle continue sa besogne. A l’aide de ses pattes arrières, elle finit de renflouer son nid de sable puis, avec de petites pauses, elle se retourne et se dirige jusqu’à la mer où elle retrouve son élément et disparaît.

Les œufs sont alors récupérés et placés sur un lit de sable dans une caisse en sagex. Dans un peu moins de 40 jours, près d’une centaine de bébés tortues naîtront et iront à leur tour en mer.

Durant la saison de pontes, quotidiennement, des patrouilles de volontaires sont assurées en voiturettes électriques sur les km de plage de Padre Island National Seashore pour repérer et préserver les nids des tortues. La population, par de vaste campagne, est invitée à signaler tous faits s’y rapportant. Cela fait maintenant 30 ans que des efforts importants sont organisés et consentis pour repeupler les mers de ces créatures dociles. Alors qu’elle était en voie d’extinction, la population des tortues Kemp’s ridley est maintenant en constante croissance.

Fascinés, on est rentrés enchantés de notre promenade. Quelle belle expérience on a eu là !

A bientôt…

2012.04.30 au 6 – El Tajin, frontière Mexique-USA, Corpus Cristi au Texas – réduits